dimanche 1 janvier 2012

Lire est le propre de l'homme, collectif

En guise d’étrennes je vous propose aujourd’hui de découvrir ce petit livre édité par L’école des loisirs, disponible gratuitement et sur simple demande, et que Libfly, que je tiens à remercier - une fois n’est pas coutume en cette nouvelle année - m’a fait la surprise de m’adresser.

D’une expression de Rabelais qui évoquait à l’origine le rire, il est question ici par un pertinent détournement, du lire, c'est-à-dire du rapport à la lecture au travers de « témoignages et réflexions de cinquante auteurs et illustrateurs pour l’enfance et la jeunesse. »

Dans cet ouvrage collectif les auteurs interrogés répondent, sans s'être concertés, aux questions soulevées (« Où je suis quand je lis ? », « Madame, pourquoi t’écris ? », « Pourquoi je lis ») en fonction de leur expérience et de leur sensibilité par le biais d’une lettre, d'un récit, du compte-rendu d’un projet de groupe, ou d'une illustration, et nous éclairent sur leur pratique, ainsi que sur celles des élèves, de leurs professeurs, et même des bébés lecteurs.

Parmi les nombreux thèmes abordés, reviennent le plus fréquemment l’éducation, la liberté, la résistance et la révolte, mais aussi l’espoir et le sentiment d’appartenir individuellement, chacun à sa façon, à une communauté. D'où le désir de combattre les préjugés à l’égard de la lecture qui, loin d’être un « instrument de séparation », se révèle un « outil de socialisation » qui fait de nous « des êtres de culture ET de choix », c'est à dire des hommes plutôt que des animaux.

Car la littérature n’est pas seulement ce que l’on en dit, mais ce que l’on en fait. Ce fascicule interroge donc également la place de vie dans les livres, et des livres dans la vie, insistant sur l’importance de l’objet, des bibliothèques, des tablettes, des ordinateurs et plus généralement du langage dont ils sont le vecteur. Plus qu'un passe-temps ou qu'une distraction, la lecture apparaît alors comme un élément crucial dans la transmission.

Tour à tour passionnés ou affectés, sur le ton d'un manifeste ou d'un plaidoyer, les auteurs prennent position sur l’actualité du livre et de la culture, dénonçant le règne du cynisme et la rentabilité qui vouent les hommes aux gémonies de la consommation, ou rappelant malgré tout, qu'à l'heure de l’hypertexte et de l’économique, du numérique et du best-seller, de l’iPad et de Facebook « ce n’est pas la lecture qui est en danger, ce sont les illettrés. »

Des témoignages et réflexions qui en appellent d‘autres et font la part belle aux références pour raconter comment, par le biais du hasard, d’un enseignant, d’une voisine, d’un ami, ou encore de la radio, ils ont découvert Andersen, Fifi Brindacier, Nils Holgersson et les collections pour enfants, mais aussi et surtout des auteurs comme Jack London, Albert Camus, Franz Kafka, Dante Aligheri, Honoré de Balzac, Marcel Proust, ou Victor Hugo, dont un texte magnifique extrait de L’Année terrible vient clore le propos.

Vous pouvez consulter quelques citations et dessin, et commander gratuitement votre exemplaire sur la page dédiée.
Pour ceux qui souhaiteraient prolonger ces témoignages et réflexions je vous conseille également l'excellent Astier et Rollin posent les bases de la pensée moderne, Entretien libre sur la transmission entre les générations.

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