jeudi 7 juillet 2011

Résurrection, par Trondheim et Larcenet


Voilà des mois que nos héros naviguent vainement dans l’espace à la recherche d’un monde habitable quand, soudainement, ils repèrent une base apparemment peuplée de leurs congénères.
Débarquant sur une planète qui a reproduit tout ce qui composait le mauvais goût de leur époque - et de la nôtre par la même occasion – ils ne tardent pas à découvrir qu’il s’agit en vérité d’un musée vivant érigé à leur mémoire et en leur honneur.

Le clonage y étant interdit ils doivent dissimuler leur identité mais sont démasqués (ou plutôt ne le sont pas puisque ce sont les seuls à ne pas avoir à porter de masque des héros, étant eux-même les dits héros) ! Fuyant les idolâtres ils sont recueillis par le chef des contestataires, ce qui évidemment ne fait pas leur affaire : celui-ci les hait et ne le cache pas. Une fois de plus nos héros vont devoir combler leur peu d’habileté à donner le change par un sens de l’improvisation, une audace et un humour à l’épreuve des balles, des lasers, et des destructions planétaires afin de réparer le futur que leurs exploits ont engendré.
Il m’a fallu des années pour apprécier ce dernier opus de la série à sa juste valeur. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il soit sorti près de trois ans après le second, par l’unité des deux premiers, par l’aspect décousu de l’intrigue au premier abord et qui s’explique par sa densité. Et puis j’étais peut-être trop attaché à l’image que je m’étais faite des personnages pour accepter de les voir changer. Mais Martina et Gildas ont grandi, c’est indéniable et c’était nécessaire. C’est à peine s’ils rentrent encore dans leurs vêtements, quant au dessin il est également plus marqué, moins tendre avec les personnages. Sans parler de l’époque qui, tout en les sacralisant ne songe qu’à les détruire ou à les cloner à l’infini comme on serait tenté de le faire.

Et c’est peut-être ça le fin mot de l’histoire : accepter de laisser partir ces deux enfants que nous avons vu évoluer, comme si cette résurrection passait par un sacrifice nécessaire, celui de l’enfance qu’ils laissent derrière eux pour pouvoir devenir ensemble ce qu’ils se destinent à être tous les deux.
Une bien belle aventure que Trondheim et Larcenet nous ont offert avec cette toute première collaboration que constitue la trilogie des Cosmonautes du futur.

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