mercredi 1 juin 2011

Quatre Stevens ! (Cat Stevens en concert, Paris Bercy, 26 mai 2011)

Le parcours de Cat Stevens / Yusuf Islam est celui d’un homme qui ne se perd, se cherche et se recherche, que pour mieux se retrouver. Baptisé deux fois par son père et une troisième fois par lui-même, Steven n’a pas trente ans quand, après avoir entamé une fulgurante carrière et échappé à la mort, il troque une nouvelle fois son nom, mais aussi sa guitare, pour une vie de dévotion.

Aujourd'hui, trente-six ans plus tard, au-delà de ce clivage qui a marqué son existence et sa carrière, c’est avec joie que nous découvrons réunis non pas deux mais quatre Stevens : le chanteur, le conteur, le musicien et le chantre de la paix.

Le chanteur : Il aura fallu attendre encore un peu - un quart d'heure à peine, les retardataires coincés sur le périphérique - pour voir ce jeudi le chanteur se présenter devant un large public de jeunes et de moins jeunes qui ne l'ont pas oublié. Seul avec sa guitare, puis accompagné de ses musiciens, Cat Stevens, heureux de rejouer à Paris, « même si c’est à Bercy » , ne tarde pas à créer une atmosphère plus propice à la lumière des réverbères et au gré des titres qui ont fait son succès.


Le conteur : Très vite Cat se fait plus proche, se révèle poète, troubadour, s'assied pour nous narrer entre deux chansons l’histoire d’un petit garçon nommé Stormy et de son voyage initiatique. On lui réclame ses titres les plus connus. Il poursuit : l’enfant « alla voir son père – suivent quelques accords de Father and Son non, d’abord il alla voir sa mère » ! Cat est très attendu, et il le sait, alors il fait durer et fait valoir pour l'occasion son humour et ses talents de conteur.

Le musicien : Après l’entracte il nous revient avec ses compositions les plus sûres. Les merveilleux Heaven, Father and son, Sad Lisa, ou encore Morning is broken voient la forêt de mobiles céder devant quelques briquets, et le désir d'immortaliser l'évènement céder devant le plaisir de l’instant. Les déclarations fusent pendant lesquels Cat, tout à sa musique, l'est également à son public : « Je t’aime aus…so ! There’s many kinds to say ! Perfect Love ! »



Le chantre de la paix : La dernière partie prend un tour plus engagé. L'on suit ses pas dans l’Amérique sécuritaire avec Boots and Sand, son appel au rassemblement, à la réconciliation, avec Changes ou encore For my people. Pas de Lady d’Arbanville mais toujours un Wild World et un Cat Stevens plus résolu que jamais à trouver la paix et l'unité dans ce monde toujours plus troublé. 


Les temps changent, les choses passent. Cat s’éclipse de nouveau, après deux rappels, pour reprendre sa tournée. Pour lui un nouveau cycle commence, au terme duquel devrait naître Moonshadow, sa comédie musicale. D’ici là on emporte avec soi un peu de cette chaleur qu’il a su raviver ou faire naître dans les cœurs. Dehors il fait un peu froid mais, plutôt que de regagner à la hâte les transports en commun, on prend le temps de demeurer encore un peu sous ce ciel étoilé. Alors on demande du feu à un voisin qui n’a pas vidé son briquet pendant le concert, on le remercie, on lui dit bonne soirée, étonné de l'entendre ajouter - et de répondre à notre tour - "Peace and Love", mais plus encore de le souhaiter.


Crédit photos et vidéo : Eric Darsan

3 commentaires:

  1. Un parfait résumé de la soirée de jeudi soir, et ce, sans fautes d'orthographe ! Pour une fois, sur un blog : c'est à noter !
    Merci d'avoir pris la peine de rédiger cet article.

    Christine Mraïzika (qui espère vraiment revoir son chanteur préféré sur scène à Paris sans attendre 30 autres années...)

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  2. Merci à vous!

    Au passage je viens de me rendre compte que j'avais indiqué mercredi et non jeudi, à croire que je ne m'en suis pas encore remis!

    Cela dit j'espère également ne pas devoir attendre aussi longtemps!

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  3. merci pour cette présentation , merci à vous et à tous ceux qui ont la gentillesse de poster des vidéos pour partager le plaisir de ces concerts magiques !
    peace be with you all,salam !

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