lundi 1 août 2011

Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Vol.1

Après la découverte de libfly et une première participation dans le cadre de la rentrée littéraire en avant-première organisée par la bibliothèque communautaire, une autre avant-première, celle de La Conversation de Jean d'Ormesson ainsi que la perspective d'une rencontre avec l'auteur me donnent l'occasion de vous présenter les « Œuvres de Napoléon Bonaparte ».
Quand l'été est d'ordinaire l'occasion de rediffusions, ce blog qui pour sa première année d'exercice ne prend pas de vacances, vous en souhaite néanmoins de très belles ainsi que de belles lectures et vous propose, en guise de trailer, cette série d'articles qui, je l'espère, vous plairont.

Réparties en cinq volumes et publiées par Panckouke en 1821, ces mémoires sont les premières à avoir vu le jour après la mort de l’empereur et réunissent l’ensemble des écrits officiels parus à cette date et jugés authentiques. (cf. J-M. Quérard, La France littéraire, ou Dictionnaire bibliographique des savants, historiens, et gens de lettres de la France (14 vols., 1826-1842)).

Ce tome, le premier de la série, comporte en préambule une présentation de l’éditeur, deux écrits de 1793, la Lettre à M. Buttafoco, député de la Corse, et le Souper de Beaucaire, petit opuscule relatif à la situation politique de la France que Bonaparte fit imprimer à l’époque et qui témoignent de son engagement politique. Suivent une généalogie qui conclut sinon à la noblesse du moins à l’ancienneté « de cet homme extraordinaire, dont la naissance fut sans doute le moindre mérite », ainsi qu'une chronologie détaillée. 

Le reste de ce volume, soit près de 500 pages, est entièrement consacré à la première partie du livre premier concernant la campagne d’Italie entre septembre 1796 et août 1797 et sera complété dans le second tome par 100 autres, ce qui représente une correspondance quasi journalière d’environ 300 lettres. Au moment où nous le découvrons, Bonaparte, jeune général de 26 ans, est en pleine ascension. Après avoir sauvé la République et épousé Joséphine de Beauharnais, ancienne maîtresse de Barras, désormais membre du Directoire, il vient d’être nommé par lui commandant en chef de l’armée d’Italie.

Il écrit le plus souvent de Milan, de Vérone, de Montebello. Ses lettres, signées Bonaparte, sont adressées pour l’essentiel au Directoire exécutif, au chef de l’état-major, à d’autres généraux. Il s’y montre soucieux du ravitaillement, de l’armement, des hommes et de l’argent, en somme des moyens à sa disposition et surtout de ceux qui lui manquent et qu’il brûle d’obtenir . Officier zélé, il mène en sus de la campagne une lutte acharnée contre les mutins, les pilleurs et les tièdes et, tout en se plaignant de n’avoir sous ses ordres que des « pygmées », enchaîne néanmoins les victoires. 


A ce titre, s’il rend compte des opérations et mouvements de troupes, il donne bien plus souvent et volontiers son sentiment sur la politique à mener et fait déjà montre d’une ambition certaine. Le 14 mai 1796 il écrit ainsi « Je ne puis pas servir volontiers avec un homme qui se croit le premier général de l'Europe ; et, d'ailleurs, je crois qu'il faut plutôt un mauvais général que deux bons. La guerre est comme le gouvernement, c'est une affaire de tact. »

Ce premier tome est intéressant car il nous permet de faire connaissance avec Bonaparte avec tout ce qu’il a de singulier mais aussi de commun à son époque. Il en va ainsi de ses références à l'Antiquité ou encore lorsque, ayant lu Machiavel, il recommande à propos des habitants de Gênes, de « ne pas chercher à leur tirer leur argent, qui est la seule chose qu'ils estiment » ou même de chasser les familles nobles « feudataires de l'empereur ou du roi de Naples », si bien qu'il nous est à ce stade encore difficile de distinguer chez lui la part de l’audace de celle de l’instruction. 
Découvrez la suite avec les Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Vol.2

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