dimanche 7 août 2011

Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Vol.2


Ce second volume commence par clore le livre premier concernant la première campagne d’Italie.
Dans ces écrits, qui couvrent la période de septembre à novembre 1797, Bonaparte écrit essentiellement de Passeriano puis de Milan et s’adresse très souvent directement aux ministres, notamment lorsqu’il s’agit de négocier la paix. Car, si la guerre demeure encore pour le jeune général l’occasion de se distinguer, seule la paix peut assurer «la liberté, la prospérité et la gloire de la république » ainsi qu’il le déclare à Campo-Formio, et ainsi consacrer ses victoires.

Le reste de l’ouvrage est relatif à la première partie du livre second, intitulé l’expédition d’Egypte, confiée à Napoléon tant pour barrer la route des Indes aux Anglais que pour se débarrasser de ce général par trop populaire depuis son retour d’Italie. C’est à Paris, au mois de mars 1798, que nous retrouvons celui-ci, affairé comme pour la précédente campagne, à un inventaire de son armée, plus exhaustif puisqu’il s’agit ici non seulement de la préparer mais de la prémunir contre les maux dont elle avait souffert par le passé. Il y détaille le nombre d’homme de chaque régiment, mais aussi l’équipement, les vivres, vaisseaux et armement, ainsi que le montant approximatif des dépenses, et ainsi de suite jusqu’à son départ au mois de mai.
Après avoir conquis et administré Malte, il passe par Alexandrie et, s’il n’y demeure guère davantage, son discours aux soldats y est emblématique : « Les légions romaines protégeaient toutes les religions. Vous trouverez ici des usages différents de ceux de l'Europe : il faut vous y accoutumer. Les peuples chez lesquels nous allons entrer traitent les femmes différemment que nous ; mais, dans tous les pays, celui qui viole est un monstre. Le pillage n'enrichit qu'un petit nombre d'hommes ; il nous déshonore ; il détruit nos ressources ; il nous rend ennemis des peuples qu'il est de notre intérêt d'avoir pour amis. La première ville que nous allons rencontrer a été bâtie par Alexandre : nous trouverons à chaque pas de grands souvenirs, dignes d'exciter l'émulation des Français.» Mais c’est au Caire où il s’établit après la victoire de la flotte britannique qu’il fera valoir ces principes, se présentant comme libérateur face à l’oppression des Mamelouks, avant de poursuivre sa campagne jusqu’en Syrie où il affirme, en mars 1799 : « L'armée de la république est maître de toute la Palestine.»
L’intérêt de ce second tome, outre la variété des écrits et de leurs destinataires, est double et contenu essentiellement dans le livre deux qui témoigne non seulement de sa détermination et des leçons qu’il tire de son expérience mais aussi de son désir d’apparaître en législateur aux yeux de ses interlocuteurs et de s’inscrire dans la lignée de ses prédécesseurs, qu’il s’agisse d’Alexandre ou de Mahomet. C’est ainsi que nous découvrons un extrait du Moniteur relatant sa visite de la grande pyramide de Khéops en compagnie de dignitaires tandis que sa célèbre allocution aux soldats la veille de la Bataille des pyramides ("Allez, et pensez que du haut de ces monuments, quarante siècles vous observent"), elle, ne figure pas ici. Néanmoins la révolte du Caire montre déjà la difficulté d’allier réformes et respect des traditions mais aussi les limites de ces idées face au pragmatisme de la conquête.

Découvrez la suite avec les Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Vol.3

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