jeudi 25 août 2011

Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Vol.5


Ce cinquième et dernier tome commence en juin 1812 avec la campagne de Russie qui, flouée par l’alliance franco-autrichienne et affaiblie par le Blocus, a décidé de rompre celui-ci. Nous retrouvons ici une trentaine de « Bulletins de la grande armée » dans lesquels l’empereur, après avoir imputé une nouvelle fois la guerre à « l’esprit anglais » décrit les opérations. Les victoires et victuailles ne manquent pas, jusqu’à Moscou qu’ils trouvent incendiée mais où ils séjournent un mois avant de se replier. Dès lors Napoléon n’aura de cesse de se désoler de cette politique de la terre brûlée, des conditions climatiques, de la faim et de la fatigue qui déciment son armée, qu’il abandonne néanmoins en décembre pour rejoindre Paris. Une tentative de coup d’état a eu lieu, qui reposait sur l’annonce de sa mort et qui révèle combien l’Empire repose sur sa personne.

Le huitième livre traite de la campagne de Saxe. Voyant l’Empire ébranlé, la Prusse passe à l'offensive dès le mois de mars. Après quelques bulletins intitulés « Situation des armées française dans le nord » Napoléon s'adressera désormais à « S. M. l'impératrice-reine et régente » dans une soixantaine de lettres non moins formelles et publiés dans le Moniteur. A l’exemple de la Russie et de l’Allemagne les pays jusqu’ici vaincus se retournent les uns après les autres jusqu’à la Bataille des Nations où, vingt ans après Valmy, le sentiment national inspiré par la révolution, terrasse l’Empire unifié par Napoléon qui dès janvier laisse la régence à l’impératrice pour combattre les coalisées dans l’est de la France.


Le neuvième livre enchaîne sur la Campagne de France où ses victoires ne suffisent plus à compenser la supériorité numérique d’adversaires qui entrent dans Paris le 31 mars. Après avoir exhorté les français à la lutte et dénoncé la trahison des assemblées il fait une dernière déclaration, pour le moins théâtrale, à sa garde : «J'aurais pu mourir ; rien ne m'eût été plus facile ; mais je suivrai sans cesse le chemin de l'honneur. J'ai encore à écrire ce que nous avons fait. «Je ne puis vous embrasser tous ; mais j'embrasserai votre général...Venez, général...(Il serre le général Petit dans ses bras.) Qu'on m'apporte l'aigle... (Il la baise.) Chère aigle ! que ces baisers retentissent dans le coeur de tous les braves !... Adieu, mes enfans !... Mes voeux vous accompagneront toujours ; conservez mon souvenir...» Le lendemain pourtant, craignant d’être séparé de sa femme et de son fils, il tentera de s’empoisonner, avant de signer son abdication à Fontainebleau le 11 avril 1814.


Le livre dix, enfin, intitulé simplement « 1815 », reprend environ un an après le précédent, au mois de mars. Là Napoléon débarque à Golfe-Juan, d’où il remonte vers Paris, s’adressant sur son passage aux habitants qui l’accueillent en héros, de même que les armées envoyées pour l’arrêter. De retour aux Tuileries sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré, il signe une série d’annonces officielles et de décrets et fait rédiger l’Acte additionnel aux constitutions de l’empire. Cet épisode, que l’on nommera les Cent jours, prend fin en juin, peu après la défaite de Waterloo. Ce tome s’achève avec une lettre au Prince-régent d’Angleterre où il déclare avoir terminé sa carrière politique et vouloir « comme Thémistocle » s’asseoir au foyer du peuple britannique.
Napoléon, à qui l’Angleterre refusera l’asile, sera exilé à Sainte-Hélène. Avant de mourir de maladie quelques années plus tard il dictera à ses fidèles ses « Mémoires », qu'il corrigera lui-même, couronnant ainsi ces « Œuvres » que nous venons d’étudier et au sujet desquelles l’éditeur déclare que « Ce qu'il a écrit, ce qu'il a dit dans les diverses circonstances de son existence militaire et politique, servira mieux à le faire connaître que les discours de ses amis ou de ses ennemis ».

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