samedi 7 mai 2011

Essais sur le roman, Michel Butor

Ces essais, parus pour la première fois dans leur intégralité aux Editions de Minuit en 1964, sont le fruit des recherches de Michel Butor sur le roman en général autant que sur les problématiques spécifiquement posées par le roman nouveau ou nouveau roman. A ce titre ils s’inscrivent également à l’intérieur de ce mouvement, entre l'Ere du Soupçon de Nathalie Sarraute (qui porte d’ailleurs comme sous-titre Essais sur le roman) et les manifestes d’Alain Robbe-Grillet Pour un Nouveau Roman ainsi que de Jean Ricardou Pour une théorie du nouveau roman auquel le lecteur avisé se rapportera également s’il veut approfondir ses connaissances dans ces domaines. 

Le rapport à la réalité, au temps et à l’espace, l’usage des pronoms personnels, la place du narrateur mais aussi du lecteur et par là-même la question de leur identité, sont autant de sujets centraux abordés au fil des treize chapitres qui le composent. Outre de nombreuses considérations techniques, le lecteur pourra également y découvrir les positions de Butor sur le livre comme objet ainsi que son rapport à la critique et à l’interprétation, ce qui est d’autant plus intéressant que l’auteur a très vite renoncé au roman pour se consacrer à la recherche littéraire au travers de très nombreux essais très référencés.

J’ai pour ma part découvert cet ouvrage tandis que, confronté à un problème de narration pour mon premier roman, je pensais trouver quelque éclaircissement dans La Modification que je connaissais comme beaucoup de nom sans pour autant l'avoir lue. Si le roman en question n’a pas apporté d’eau à mon moulin, la consultation des Essais, en revanche, m’a amené à revoir des bases que je pensais acquises, ainsi qu’à alimenter ma réflexion sur le rapport au livre comme support, sujet très actuel à l’heure où le numérique ouvre la voie tant à la dématérialisation qu’à la multiplication des supports de lecture. 

Un ouvrage très complet et assez pointu que je recommande vivement aux écrivains tant qu’aux bibliophiles, avertis ou non.

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