mercredi 7 décembre 2011

Interview de Pierre Thiry


Parce qu’il aime les mots et le papier, parce qu'il a des choses à partager, à dire et à écrire, parce qu'il a de l'imagination, le sens de l'humour et celui de la répartie, parce qu’il a fait un carton sur la toile avec son premier puis son second ouvrage, parce que je vous ai présenté celui-ci ici-même et tout récemment, parce qu’il a eu la gentillesse d’accepter cet entretien il y a quelques mois déjà, parce que je suis toujours happé par le temps quand celui-ci échappe sans cesse à son personnage, j’ai l'honneur et le plaisir de vous présenter aujourd'hui l’interview de Pierre Thiry.

Pierre Thiry bonjour, et merci d’avoir bien voulu répondre à mes questions. Pour ceux qui vous découvrent je rappelle que vous êtes l’auteur d’un roman, d’un conte illustré, et d’un second roman en cours de rédaction intitulés respectivement Ramsès au pays des points virgules, puis Isidore Tipéranole et les trois lapins de Montceau-les-Mines et, à priori, Le Mystère du pont Flaubert. Que cache ce goût pour les longs titres ? Est-ce à dessein qu’ils sont inversement proportionnels à la longueur des ouvrages qu’ils nomment ?
Il se trouve que votre remarque est parfaitement judicieuse... Le texte le plus long parmi les trois que vous citez, est en effet celui dont le titre est le plus court : «Le Mystère du Pont Flaubert», un manuscrit qui ferait, si je le publiais en l'état, un livre de 400 pages environ.... A l'arrivée il en fera certainement beaucoup moins.
«Ramsès au pays des points-virgules» est un court roman de 184 pages, une sorte de conte de Noël que j'ai écrit, en m'amusant beaucoup, pour faire plaisir à une de mes nièces qui m'avait donné l'idée de ce livre. C'est une histoire où je me suis autorisé toutes les fantaisies ce qui peut déplaire aux esprits trop cartésiens ou sérieux. J'ai toutefois été extrémement surpris des retours positif que j'ai eu de la part des blogueurs et les sites internet sur ce petit roman. J'ai été très touché par la première chronique publiée sur le livre par Le Galion des EToiles (cliquez ici). Et j'ai été très honoré quand ce livre a été chroniqué sur le webzine «La Bibliothèque de Glow» (rédigée par une libraire parisienne spécialisée jeunesse) et sur le blog «Sous le feuillage» qui a publié un article fort chaleureux dans la froidure de juillet.

Quant à «Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines», malgré ce titre à rallonge presque conçu pour ne pas être retenu c'est un tout petit conte de 68 pages, imprimées en très gros caractères, (mais vous le savez déjà puisque vous venez de le chroniquer). J'ai été très flatté qu'il soit sélectionné peu de temps après sa sortie sur le site internet «Ricochet jeunes», car c'est le premier livre de mon éditeur à figurer sur ce site spécialisé dans la littérature jeunesse. Cela m'a fait grand plaisir qu'il fasse également parler de lui sur «Le Galion des EToiles» qui a publié un article détaillé et sympathique. Le livre a été également très honoré par une chronique du blog «Thé, lecture et macarons» (ce que comprendront ceux qui savent où j'anime mes ateliers d'écriture), mais je dois également révéler que j'ai jubilé de voir les poèmes de mon personnage Justin le lapin poète, comparé à ceux de Robert Desnos... dans un article de «L'Oiseau lyre». Bref, c'est plus pour avoir des avis de lecteurs que pour la longueur de leurs titres, que je publie mes livres.
Puisque nous sommes dans les révélations, ce roman sur lequel vous travaillez depuis quelque temps à présent, pouvez-vous nous en dire quelques mots en exclusivité ou est-ce encore trop tôt ?
J'ai peut-être commis une imprudence, en parlant trop tôt de ce «Mystère du Pont Flaubert», et en allant jusqu'à évoquer le nombre de pages... A vrai dire, il s'agit du premier livre que je voulais publier, il y a presque trois ans à présent. Et je le considère comme n'étant toujours pas achevé, toujours pas prêt à la publication.
Par instant je me demande s'il n'en sera pas pour ce livre comme pour «Le Capitaine Fracasse» de Théophile Gautier. Gautier avait annoncé la publication en quatrième de couverture de la première édition de son roman «Camille Maupin» (1835) et il ne l'a publié qu'en 1863, près de trente ans après...
Alors si vous voulez absolument une exclusivité, je veux bien vous livrer cette question qu'il m'arrive parfois de me poser : Est-ce que je parviendrai à publier «Le Mystère du Pont Flaubert» avant l'année 2039 ?
L’auto-édition vous a permis de publier dans de plus brefs délais vos deux premiers récits, mais aussi d’avoir un contact plus direct peut-être avec vos lecteurs par le biais d’Internet et de la blogosphère. Pour ce projet plus long envisagez-vous un éditeur plus classique d’une part et, d’autre part, de maintenir ce lien, dans la mesure du possible ?
Vous avez raison de le souligner, l'auto édition m'a permis de publier rapidement deux livres que j'aurais peut-être mis deux ou trois ans à éditer si j'étais passé par un éditeur plus classique.
Mais cela m'a obligé, en contrepartie à faire moi-même la diffusion de mes livres, à faire moi-même mes «campagnes de presse» auprès des blogueurs qui voulaient bien prendre le temps de s'intéresser à mes «publications».Cette «relation directe» d'auteur à lecteur, médiatisé par le biais d'internet, des blogs et des réseaux sociaux est sans doute quelque chose de tout à fait nouveau : une ouverture qui n'a probablement jamais existé avec une telle ampleur dans les époques qui nous ont précédé. Chacun, grâce à son blog, peut aujourd'hui être chroniqueur littéraire, journaliste, éditeur. Mais quel est l'impact de ce que l'on publie sur internet ? La publication est mondiale, mais par qui est-on réellement lu ? Lire et partager ce que l'on lit, c'est ce que permet la blogosphère. J'ai une immense admiration pour ceux qui arrivent à faire cela avec talent. Bien souvent je me dis que c'est dommage que tous ces textes n'existent que dans les sphères virtuelles du numérique. Mais auraient-ils plus d'impact s'ils étaient imprimés ?

Je suis, par culture, par goût, par passion esthétique très attaché à l' «objet livre» le traditionnel codex muni d'une solide couverture, en cuir ou en carton. Il me semble que cet objet de papier est complètement irremplaçable, insurpassable. Mais paradoxe des paradoxes pour faire exister mes propres livres, je suis contraint d'en passer par l'espace d'internet, postulant par là-même que les blogs auraient une audience plus importante que les revues de papier...
Enfin vous écrivez mais vous animez également des ateliers d’écriture et, qui plus est, figurez depuis quelques mois parmi les membres fondateurs des Editions du Paquebot. Comment parvenez-vous à tout faire ? Dites-moi, cet Isidore Tipéranole qui veut tuer ce temps qui toujours lui échappe ne serait-ce pas un peu vous ?
Je suis membre des Editions du Paquebot (une structure associative) depuis plus d'un an : juillet 2010. Je ne suis donc pas à strictement parler, un membre fondateur, puisque, lorsque j'ai rejoins cette association elle avait déjà un mois d'existence. Mais je suis dans cette création, quasiment depuis le début... Le projet des Editions du Paquebot est un très beau projet, très ambitieux par ses exigences de qualité.

Le premier ouvrage que cette maison d'édition associative a publié en janvier 2011 est un recueil de poésie espagnole, bilingue français/espanol L'âme oblique El alma oblicua de Vicente Cervera Salinas. Un livre illustré d'images du plasticien d'origine argentine Julio Silva. Un beau livre, traduit en français par Marie-Ange Sanchez et Pablo Lopez Martinez, et qu'il faut absolument offrir à Noël aux amateurs de poésies espagnole !!! On peut le trouver facilement en libraire. A Paris il est en vente, par exemple) à L'Arbre à Lettres Mouffetard (75005) à La Librairie L'Atelier (75009), à la Librairie Jonas(75013), à la Lilbrairie Les Oiseaux rares (75013) à la Libraire Le livre écarlate (75014) à la Librairie Le Divan (75015). A Rouen (Seine Maritime) vous le trouverez à la Librairie Polis (rue Percière), à la Librairie Brunet (rue Ganterie) ou à la Librairie L'Armitière(rue Jeanne d'Arc). Mais pour tout savoir sur les Editions du Paquebot, je vous conseille de visiter le site internet de l'association (cliquez ici)
Mais à vrai dire, ce ne sont pas les éditions du Paquebot qui me prennent le plus de temps, pour le moment. Cette association n'a publié que cet unique opus «L'âme oblique» de Vicente Cervera Salinas un livre de poésies, donc de diffusion relativement restreinte. Sur ce projet je me suis contenté d'être un «suiveur attentif» plutôt qu'un initiateur de projet. Et pour rendre à César ce qui appartient à César, permettez-moi de citer les quatre véritables fondateurs qui m'ont suggéré de les rejoindre: Martine Lemire, Pablo Lopez Martinez, Manel Bonells et Jaime Céspedes. C'est à eux que revient tout le mérite cette maison d'édition.
L'activité qui sollicite le plus mon temps et mon attention c'est l'animation d'ateliers d'écriture. Je me suis formé à cette pratique durant deux ans. A Rouen, j'en anime dans plusieurs lieux. Depuis peu je propose des ateliers d'écriture pour enfants de 8 à 12 ans dans le cadre des activités proposées par l'association Citémômes (11, rue du Moulinet 76000 ROUEN) dans le quartier de la Gare de Rouen Rive Droite.

Mais surtout, depuis plusieurs mois j'anime au Café Librairie Ici & ailleurs* (31, rue Damiette, 76000 ROUEN) à quelques pas dela Place de l'Hôtel de Ville. Un atelier d'écriture que j'ai intitulé «Savourons le temps d'imaginer» car il se déroule dans un lieu créé et dirigé par une barrista (sommelière en thés et cafés) de grand talent : Clothilde Dutry. On trouve dans ce café librairie des thés, cafés et chocolats de terroir aux saveurs assez inégalables. Ce lieu est un endroit idéal pour animer des ateliers d'écriture : il y a une partie bibliothèque, une partie librairie, des expositions qui se renouvellent sans cesse... Bref, ce lieu très petit en surface est un concentré de de culture à tous les sens du terme, un endroit pour réveiller les esprits et les papilles, car il ne faut pas oublier les macarons au thé y sont également insurpassables !!!
Ces ateliers d'écriture au Café libraire Ici & ailleurs* me procurent de magnifiques moments d'animation et d'écriture (car j'y écris aussi). C'est un pari audacieux, car on écrit en public, le lieu continue à vivre normalement, les clients entrent et sortent, la rue (piétonne) est souvent assez animée, le torréfacteur à café rythme la séance de son ronronnement en produisant une sorte de samba avec ses bruits de Marimba, et au milieu de tout cela, les participants à l'atelier parviennent à créer du silence d'écriture et d'impressionnantes fééries de lectures. Ce sont de beaux moments de partage où l'activité d'écrire prend tout son sens, bien qu'elle soit assez différente de l'activité d'auteur solitaire, dans le silence nocturne.
C'est vrai que cette écriture sans cesse en devenir prend du temps, mais la pratique de l'animation d'atelier d'écriture est également une exigente discipline de gestion du temps, alors oui, ce n'est pas totalement par hasard, si j'ai inventé le personnage d' Isidore Tiperanole et de son envie absurde de vouloir tuer le temps....
Pierre Thiry merci d’avoir répondu à ces questions plus tardives mais aussi plus longues que prévu. Un dernier mot pour nos lecteurs et, par la même occasion puisque nous approchons des fêtes, un vœux peut-être, enfin deux : un pour vous et un pour vos lecteurs ?
Je n'en ferai qu'un qui tiendra en trois ou quatre mots, ou même un peu plus : prenons le temps, savourons le, prenons le temps d'écrire, de lire, d'imaginer, les fêtes de fin d'année peuvent aussi être l'occasion de pétillement d'imagination.

Et j'en profite pour signaler que je propose à toutes celles et ceux qui seraient à Rouen le 16 décembre entre 17h et 19h30, une séance de dédicace de mon petit «Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines» au Café librairie Ici & ailleurs* (31, rue Damiette à Rouen). Je serai ravi de vous y accueillir si vous voulez offrir ce petit livre pour Noël.
Ce sera également une occasion de présenter les trois séances d'ateliers d'écriture de "K à F et sans oublier le thé" que je proposerai entre Noël et jour de l'an (bien sûr toujours) au Café librairie : les 28, 29 et 30 décembre de 14h à 16h30.

Propos de Pierre Thiry, recueillis par Eric Darsan. Crédit photos Pierre Thiry.
Retrouvez Isidore Tiperanole et les trois lapins de Montceau-les-Mines mais aussi Ramsès au pays des points virgules et toutes ses actualités sur le site de Pierre Thiry.

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