mardi 25 octobre 2011

Le Retour du Jeudi, Rencontre avec Jean d'Ormesson à la Librairie Gallimard

Il n'y a pas si longtemps, dans une galaxie pas si lointaine, était la librairie Gallimard. Le jeudi 8 septembre déjà, grâce au vaisseau Libfly, j’y avais notamment rencontré Pierre de Vilno, Héloïse d’Ormesson, et récolté quelques informations sur la conception d’Elvire et Jeremy (pour Luc et Leïa, je ne sais pas), le milieu de l’édition, et autres macarons. 

Cette fois, avec Jean d’Ormesson, c’est au cœur de l’Empire que je m’apprêtais à plonger afin de découvrir les plans de cette arme de publication massive que constituait déjà la Conversation, où l'Empire contre-attaque un Cambacérès en la personne d'un Bonaparte prêt à devenir Napoléon. C’était le 20 octobre, un jeudi, de nouveau. Voici donc le Retour du Jeudi.

Ayant appris par un membre de l'équipage la file d'attente précédant la récente conférence de l'auteur à la librairie Mollat de Bordeaux, j’avais prévu en toute logique darsanienne de partir en retard. Si bien que, lorsque je parvins malgré le froid sidérant au siège de la librairie Gallimard, c’était le vide sidéral. Cependant, sur le siège en question, le seul de la librairie je crois, au milieu de quelques fidèles trônait jean d’Ormesson. En toute discrétion cela dit, car ce n’est pas parce qu’on parle de trône qu’il faut tout de suite penser à la foire du même nom, aux néons, aux dorures, au Doré disque d’or et son Jean d’Ormesson Disco Suicide, aux cotillons, aux candélabres, aux guéridons. 

Bref, on l’aura compris, Jean d’Ormesson n’est pas là pour faire tourner les tables ou pour danser dessus, ni pour répondre comme il l'a fait tant de fois déjà aux sollicitations des médias, mais pour signer son livre, point. Cela étant, afin de mener à bien ma mission, j’avais réfléchi à quelques questions, longuement, et ce pour deux raisons. La première c’est qu’un mois après la sortie officielle il avait répondu à toutes. La seconde c’est qu’il l’avait toujours fait de la même façon sans apporter davantage d’explications. 

Je m’avance donc, encouragé par Héloïse d’Ormesson qui me salue et me dit « J’ai beaucoup ri en lisant votre article. Très belle plume. » Je salue et remercie. « C’est pour vous ?» me demande l'auteur se saisissant déjà de son stylo. « Et vous faites quoi dans la vie Eric ? » poursuit-il chaleureusement. « Monsieur travaille pour une bibliothèque numérique » lui apprend Héloïse tandis que je précise : « Enfin c’est beaucoup dire, (en République Numérique le salaire c’est le livre) mais oui, aussi. En fait je suis auteur, enfin je débute, je cherche désespérément un éditeur, quoi» (mais qu'est-ce que je dis moi) « Et vous avez des retours ? » me demande-t-il. « Oui, enfin pas professionnellement, mais oui...j’ai un blog, enfin ça permet de s’exercer à un type d’écriture un peu différent et...»

« Il n’a pas internet, pas le téléphone... » me précise Héloïse voyant Jean déconnecter progressivement. Je crois que j'ai dû prononcer quelque chose comme «Ah» (Dans l’espace personne ne vous entend bugger, mais on le remarque quand même) « Ah (tentative de réinitialisation de la conversation) moi c’était pareil avant, j’ai mis du temps avant de me mettre à Facebook tout ça, au début je ne voulais pas non plus mais bon c’est un peu le passage obligé aujourd’hui pour un auteur débutant...(et m'apercevant à mon tour que je recommence à faire la conversation) bref, première question : avez-vous écrit la Conversation pour le théâtre?» (à question évidente...) « Non, (...réponse qui l'est moins), mais il est possible que cela se fasse».



Bon, deuxième question : « Pourquoi ce livre ? Je me suis dit d’abord que c’était politique puis, après la lecture des Oeuvres de Napoléon, que ça ne l’était pas, bref est-ce la volonté de vouloir couronner votre carrière en associant le nom de Jean d’Ormesson à la figure de l’empereur qui vous a poussé à ajouter votre pierre à la liste des ouvrages qui sont déjà légion ?» Remarquant qu'on lui a déjà posé la question il répond en riant «Je suis plutôt Cambacérès, je ne suis pas homosexuel mais je ne suis pas non plus mégalomane, comment dit-on...»


Je tente de préciser «Je pensais plutôt à l’ardeur(de Bonaparte)» mais Jean d'Ormesson m'interrompt, « Oui c’est ça : l'ubris! Je n'ai pas l'ubris de Napoléon !» jubile-t-il en me serrant la main et en m'offrant tous ses voeux pour la suite de ma carrière, mettant ainsi fin à cet entretien qui, à l'image de la Conversation, me laisse un peu sur ma faim. Je salue brièvement et regagne la sortie un peu à regret mais me console en réalisant que je n’aurais pu obtenir réponse plus limpide que celle qui me vint alors sur le chemin du retour : Jean d’Ormesson a écrit la Conversation comme Bonaparte est devenu l’Empereur Napoléon. Simplement parce qu’il pouvait le faire.


Ainsi s’achèvent ces Rencontres : pas de troisième type (je n'ai pas eu le plaisir de rencontrer Michel Quint à Lille mais je vous renvoie au site), pas non plus de semaine de trois ou quatre jeudis pour prolonger l’opération, mais de toutes nouvelles aventures très bientôt à bord du vaisseau de Libfly, la bibliothèque numérique!

Merci à Lucie, à toute l'équipe de Libfly, à Jean et Héloïse d’Ormesson, aux Editions, ainsi qu'à la librairie Gallimard qui, l’espace de ces rencontres m’ont accueilli et permis de partager, à ma façon, leur univers avec vous !

3 commentaires:

  1. Veinard! tu as un livre signé de la main de Jean d'Ormesson. POur ma part, même si ce livre date un peu, j'aurais bien aimé qu'il me dédicace "C'était bien"; ou "Casimir mène la grande vie".
    Dans une autre vie peut-être...

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  2. Ou dans celle-ci, la Conversation est sortie il n'y a pas longtemps et il y a encore des dates à venir, Arcueil le 18, Montpellier le 29, sans compter que le monsieur sort un livre par an depuis un moment.
    Je n'ai pas encore lu Casimir mais c'est, parmi ses livres, celui que Jean d'Ormesson recommande généralement.
    Donc il sera certainement très heureux de le dédicacer à l'occasion ;)

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