jeudi 13 octobre 2011

Thiéfaine : dernière tournée avant mutation



Thiéfaine est actuellement en tournée dans toute la France.
Si l'intitulé -Homo plebis ultimae - a pu effrayer quelque fan peu averti, il ne signifie toutefois rien de plus qu'"homme de la lie du peuple", expression tirée de la Constance du sage, de Sénèque mais nous donne néanmoins l'occasion de jeter un regard arrière sur les 33 ans de carrière d’un chanteur qui, entre mythe et nihilisme, n’est, en dehors de ses concerts, jamais là où on l’attend.

C’est en 1978 que sort Tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir, son premier album. L’ascenseur de 22h43, la fin du St Empire, Je t’en remets au vent, la dèche, le twist et le reste, ou encore La fille du coupeur de joints : autant de titres qui feront le succès de leur auteur et interprète tout en le revêtant d’une bannière bardée de Spleen et d’Idéal que les deux albums suivants, Autorisation de délirer et De l'amour, de l'art ou du cochon, malgré quelques incontournables, comme La vierge au Dodge ou le très beau Vendôme gardenal snack ne parviendront pas à égaler.


Il faudra attendre 1981 avec Dernières balises (avant mutation) pour retrouver Thiéfaine supérieur à lui-même. D’entrée 113ème cigarette sans dormir donne le ton, suivi de Narcisse, Mathématiques souterraines, Une fille au rhésus négatif ou encore Exil sur planète fantôme.
Soleil cherche futur, dernier album réalisé avec le groupe Machine, avec Lorelei ou les dingues et les paumés marquera la fin de cette époque de collaboration avec Carbonare du groupe Machin pour laisser place à Claude Mariet.


Alambic / Sortie Sud, sorti en 1984 est un album étrange, fluctuant à rebours entre cold et new-wave. Co-écrit avec Mariet, il témoigne néanmoins d’une maîtrise parfaite de la langue et des sonorités, ainsi que des images, qui forment l’univers de Thiéfaine, comme en témoigne Nyctalopus airline. Entre 1986 et 1993 Météo für nada, Eros über alle puis Chroniques bluesymentales et Fragments d'hébétude enfin, demeurent dans cette lignées, en plus rock, en plus redondant, mais à mon sens pas plus convaincants, sinon L’affaire Rimbaud qui, seul, se distingue par sa très belle orchestration.


Ce n’est qu’en 1996 et 1998 que Thiéfaine nous revient avec La Tentation du bonheur puis Le Bonheur de la tentation, et, avec lui, Carbonare à la production. La voix est de nouveau mise en avant et, avec elle, la verve et le phrasé si particuliers. Son réjouissant Chaos de la philosophie ou Exercice de Simple Provocation avec 33 fois le mot coupable Accompagné de violon à l’occasion de quelques titres mélancoliques, de La nostalgie de Dieu à Tita Dong, Dong Song, en passant par Critique du chapitre 3.



En 2001 paraît Défloration 13 avec quelques étrangetés, comme ce Touquet très glam ou cet Also Spratch Winnie L’ourson, très slam avec ses allitérations. Mais surtout avec Eloge de la tristesse ou ces enivrants Fastes de la solitude qui s'ajoutent à ses grands titres. En 2005 vient le tour de Scandale mélancolique, avec de très bonnes choses et une voix qui rappelle parfois celle de Ferré et des titres qui peuvent évoquer ceux de Biolay ou de Dominique A. Un album carré, maîtrisé, dans l’air du temps, rejoint par Suppléments de mensonges en 2011, dernier en date et à l’origine de l’actuelle tournée.

Entre temps il y aura eu en 2007 Amicalement Blues, écrit pour Johnny Hallyday en collaboration avec Paul Personne, et que je serais bien en peine de commenter – autant que j’ai eu de peine à l’écouter - tant me sont étrangers aussi bien le style de l’album que les deux chanteurs précités.
Je ne vous parlerai pas non plus des 5 compilations et des 7 albums live qui viennent compléter les 16 albums studios que j’ai pu évoquer, mais vous inviterais plutôt, pour terminer, à découvrir ci-dessous, un avant-goût de la tournée.

1 commentaire:

  1. Éric, l'album avec. Paul Personne contient au moins deux perles: Avenue de l'amour et Distance. Allez, fais un effort...

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