lundi 5 novembre 2012

Remember V November, V pour Vendetta


Sorti en 2006, V pour Vendetta est un film adapté de la bande dessinée du même nom, créée en 1990 par Alan Moore et David Lloyd, scénarisé par les frères Wachowsky, à qui l’on devait déjà Matrix, et réalisé par James McTeigue qui a également travaillé sur Dark City.

L’histoire se situe dans un futur proche, au sein d’une Angleterre post-apocalyptique gouvernée par un régime fasciste, le Norsfire. Evey Hammond, menacée par des miliciens pour avoir bravé le couvre-feu, est sauvée par V, personnage masqué qui, après s’être longuement présenté, l’entraîne sur les toits pour assister à l’explosion de la Cour de Justice qu’il a orchestré sur l’Ouverture 1812 de Tchaïkovsky.
Dès le lendemain le chancelier Sutler ordonne l’interpellation d’Evey qui a été identifiée, afin de remonter jusqu’à V lorsque celui-ci, s’emparant de la chaîne de télévision où travaille celle-ci, appelle les citoyens à sortir de leur torpeur et à commémorer le souvenir de Guy Fawkes qui tenta autrefois de faire sauter le parlement en se réunissant devant celui-ci dans un an...

Avant Spawn et From Hell, V pour Vendetta est l’œuvre qui a révélé Alan Moore qui, comme pour celles-ci, n’a cependant pas voulu s’associer à l’adaptation. Ce film, outre ses propres qualités, constitue néanmoins une excellente introduction à l'original en reprenant, bien qu'édulcorés, les éléments qui le caractérisent.

L’ambiguité propre à ses héros tout d'abord, partagés entre leurs choix et leurs émotions et pour qui l’enjeu n’est pas tant le bien que la liberté. Ainsi V, justicier sensible et théâtral dont la détermination n'a d'égale que l'érudition. Ouvertement influencé, du Comte de Montecristo à Spartacus, en passant par 1984 et sa tautologie à laquelle il oppose le fameux tautogramme par lequel il se présente, V, tout en donnant crédit à la menace terroriste, la retourne contre ceux qui l'ont créée dont il arbore d'ailleurs non les symboles, mais les couleurs.

La critique sociale ensuite, avec ces chefs de partis promus chefs d’état grâce à la peur et qui mènent une politique sécuritaire d'uniformisation sous un discours de réforme renforcé par des médias diffusant des infos alarmantes (crise, guerre, pandémie). A travers l'histoire de V c'est cette montée au pouvoir que le film retrace et, s'il relativise le contexte en le rapprochant de faits historiques, il rappelle également que la logique de déshumanisation à l'oeuvre, masquée par l’autorité et le devoir, n’apparaît qu’après coup à ses exécutants.

Ainsi V pour Vendetta est-il un film efficace et cohérent qui, en faisant la part belle aux images, à la musique, et donc à la symbolique, renforce le propos : de même que le gouvernement s’est imposé par des symboles, ceux-ci peuvent provoquer sa chute. Et, si on peut lui reprocher d’avoir gommé certains traits et éléments (la solitude de Sulter, l’empathie de Finch, et l’inclémence de V, le Destin, ordinateur omniscient), gageons que la réaction des ultra-conservateur, la récupération par les Anonymous, et génréralement le cours des évènements, se sont chargé de rendre justice à l’œuvre visionnaire de Moore.




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