jeudi 1 novembre 2012

Docteur Who, le Onzième Docteur : Geronimo !


« Geronimo ! » Le Tardis part en vrille, et le nouveau Docteur aussi, qui s’agrippe à lui, suspendu dans le vide au dessus de cette bonne vieille ville de Londres. Seule dans sa chambre la jeune Amélia Pond prie le père Noël qu’on lui envoie quelqu’un pour réparer l’étrange fissure apparue sur son mur. C’est ce moment précis que choisit le Docteur pour s’écraser dans le jardin avant de partir en quête de nourriture, car découvrant son nouveau corps et ses goûts en la matière. Après cette présentation aussi fracassante que drôle, Amélia tentera d’élucider ce mystère avec cet ami imaginatif plus qu’imaginaire, avant de partir à l’aventure avec lui. Mais, comme elle l’apprendra à ses dépends, tout est une question de temps.

Pour l’heure le Docteur, fraîchement régénéré, découvre ces nouveautés qu’il reconnaît avoir du mal à maîtriser, de même que le flux de ses pensées. Nouveau Tardis, nouveau tournevis, nouvelles manières, nouveaux goûts vestimentaires et nouvelles expressions ( « Geronimo ! » « Gotcha ! » « Cool ! » ) : tout cela semble satisfaire un docteur qui devra pourtant plus que jamais, se montrer à la hauteur et ne pas se reposer sur des lauriers ( « Hello ! I’m the Doctor ! Basically…Run ! » ) qui ne suffiront pas éternellement à contenir les hordes d’ennemis, plus nombreux, puissants et terrifiants, mus par la guerre, la vengeance, la cupidité et, cette fois, peut-être davantage.

Même pas peur. Personnage de contes de fées confrontée à ses pires cauchemars, Amy Pond mènera même, comme le précédent Seigneur du Temps, son premier combat en pyjama, énonçant et faisant sienne la nouvelle devise du Docteur : « ne jamais interférer…sauf si un enfant pleure ». Enfants qui seront d'ailleurs au cœur de la plupart de ces nouvelles aventures. Histoires toujours plus belles, où le rêve se mêle au réel au point de ne plus pouvoir être distingué de lui, où rien n’est ce qu’il paraît, où ce qui semble familier peut se révéler mortel, contraignant nos héros à faire de nouveaux choix, entre la mémoire et l’oubli, autrefois allié, aujourd’hui ennemi.

C'est sans compter sur le temps, qui est le domaine du Docteur au même titre que l’univers tout entier, où le moindre problème domestique prend une ampleur démesurée, au point que celui-ci se laisse emporter, entraînant Amélia et son petit ami Rory de Leadworth, leur village natal du sud de l’Angleterre, jusque dans l’Amérique truquée de Nixon, où l’ennemi, embusqué dans l’ombre et le silence les traque. Mais, s’il met en danger la vie de ceux qui l’entourent, l’admirent, et se dépassent pour ne pas le décevoir, il leur confère également une dimension héroïque, du mythe du Pandorica à celui du Dernier Centurion, en faisant appel au meilleur d'eux-mêmes et de l’humanité. Et c’est toujours la joie qui ressort, même du pire, en présence du Docteur, comme de Van Gogh ou de la mystérieuse River Song.

Après s’être fait appeler tant de fois John Smith, le Docteur a fini par être incarné par un autre Smith, Matt, pour deux et bientôt trois saisons signées Steven Moffat. Un Onzième Docteur très différent, plus léger mais plus dangereux aussi, auquel j’ai toutefois eu plus de mal à m’habituer, tant Tennant avait endossé l’armure, et Karen Gillan le rôle principal de la série à travers la très belle épopée d’Amy Pond, la fille qui attendait, qui estompe celle du Seigneur du Temps. Un Docteur qui, après s’être ouvert à l’humanité au point de vouloir l’endosser, après s’être découvert en quelque sort mortel, se révèle à la fois plus sérieux et plus déjanté, plus vieux et plus enfantin, sans doute aussi plus proche que jamais de l’idée d’une fin et, ce faisant, à sa façon toujours plus attachant au cours de ces saisons plus épiques, plus riches et plus époustouflantes encore.

Et, s'il sait désormais que son temps est compté, qu'un jour « le Silence s'abattra», se pourrait-il qu'il meurt vraiment ? Quel scénariste, quel acteur aura la prétention d’y mettre fin ? En attendant le Docteur a encore quelques beaux jours, et saisons, devant lui.
D’ici là, les dernières diffusions de cette sixième saison venant de s’achever en France, je vous invite à découvrir la série de romans officiels, inédits et traduits, qui sortiront à partir du 20 janvier. A ce titre je peux d'ores et déjà vous informer que j’aurai l'honneur et le plaisir de vous présenter ces livres grâce à un partenariat avec les éditions Milady que je tiens à remercier. D'autres surprises sont peut-être à venir mais, pour le moment, Silence !

Crédit photos et vidéo : BBC - Doctor Who - The Official Site

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