samedi 25 février 2012

L'Armée oubliée, Brian Minchin


« Après dix mille ans l’invasion commence…» du moins à ce qu’il paraît. En attendant tous les yeux sont rivés sur cette créature de quatre mètres de haut chargeant et barrissant.

Mais une menace bien plus grande - ou petite, c'est selon - et bien plus sérieuse qu'on ne pourrait l'imaginer au premier abord guette en réalité les habitants de Manhattan : les Vykoïdes.

Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Pourquoi ont-ils attendu si longtemps avant de passer à l'attaque ? Comment combattre un ennemi que l'on ne voit pas ? Et comment y parvenir quand celui-ci, pour rattraper le temps perdu, peut modifier celui de ses opposants ?

Quand il se figurait libérer le dernier mammouth laineux des glaces dont il était prisonnier depuis plus de 10 000 ans, Sam Horwitz n'entendait pas lui permettre de faire ses besoins devant les visiteurs du Muséum d’Histoire Naturelle de New York avant de le lâcher sur eux. C’est pourtant ce qui se produit le jour même où il inaugure l'exposition qui devait marquer la consécration de sa carrière de chercheur. Heureusement, Amy Pond et le Docteur arrivent à point nommé pour sauver Sam, et le mammouth par la même occasion. Evidemment ce n'est pas si simple, surtout quand les autorités, croyant bien faire, jouent le jeu de leurs adversaires.

Après Apollo 23 et La Nuit des humains, L’armée oubliée est le troisième roman officiel traduit et publié en français par Milady. Ecrit par Brian Minchin il offre à l'inverse des précédents, une interprétation beaucoup plus libre des éléments de la série. En effet, si l’auteur semble d’abord reprendre, d’ailleurs de façon un peu abrupte, le caractère particulier d’Amy ( « habituée à ce qu’on lui obéisse au doigt et à l’œil » ) et les phrases emblématiques du Docteur ( « New New New New New New New York » ou « Les nœuds papillon, c’est cool » ), ce n’est en vérité que pour mieux prendre leur contre-pied. Nouvelles attitudes, nouvelle façon de parler, nouveaux rapports entre nos héros et, pour tout dire, nouveau registre, rendent cette histoire plus surprenante que ne le laisserait entendre la quatrième de couverture, et peuvent laisser le lecteur perplexe, qu'il soit ou non plus ou moins familier de la série.


Si le récit est jalonné de références très contemporaines (de Facebook aux Experts) attribuées à l’héroïne, d’autres, qui remontent aux années 80 (avec Starsky et Hutch ou L'Agence tous risques, dont la nouvelle version n'était pas sortie au moment où le livre fut écrit), nous laissent à penser qu’elles doivent être dans leur ensemble mises davantage sur le compte de l’auteur que sur celui de ses personnages. Brian Minchin impose ainsi sa marque et son style à un roman d'action où l’humour prime, même s’il n’est pas toujours du meilleur goût, portant le plus souvent sur l’aspect physique par des remarques tendancieuses à l’égard d’Amy, scatologique envers le mammouth, ou encore irrévérencieuse au regard des envahisseurs et même du Docteur ( « C’est aussi un vrai bouffon » ) !

Il fait également la part belle à de nouveaux protagonistes sans pour autant développer ceux-ci, ainsi de Trinity Wells, que le Docteur prétend connaître sans jamais avoir rencontré et dont il dit, à l’instar de lui-même, qu’elle apparaît lorsque le monde est en danger. Séparés à nouveau, peut-être pour la bonne cause, Amy, personnage de conte défait, rustre ( « je n’ai jamais obéi aux ordres d’un mec avant ! », « mon style d’homme c’est plutôt Brad Pitt » ) multiplie les initiatives et rôles au point de se sentir « prête à travailler en solo », suppléant à un Docteur prisonnier, dénigré, en mal d’affection ( « Oui, je t’ai sauvé. Franchement, Amy, être courageux, ce n’est pas suffisant pour toi ? Je pensais que tu me couvrirais de baisers. Amy ricana -Pas de danger ! » ) et qui parvient sans s’étonner aucunement à utiliser pour la première fois son tournevis sonique sur du bois.

Fort heureusement l’histoire nous rappellera que l’on n’a pas toujours besoin d’un plus petit que soi, que l’expérience et la technologie ne font pas tout et, par-dessus tout, qu'ils ne suffisent pas à faire de sa compagne un autre Docteur, ni des envahissants des envahisseurs vraiment convaincants. Improbable, utilisant personnages et objets à contre-emploi, moins réjouissant et moins pointu que le premier, mais plus léger et distrayant que le second, ce nouveau et drôle de roman qui pour cette raison n’en demeure pas moins intéressant, nous donne surtout envie de découvrir le suivant. Ce qui tombe rudement bien puisque, après ces trois premiers romans sortis le 20 janvier, j’ai l’honneur de vous annoncer que, comme prévu, ce partenariat se poursuit avec le quatrième volume publié par les Editions Milady, que je tiens à remercier une nouvelle fois.



Je vous donne donc rendez-vous pour ce prochain roman qui ne se fera pas trop attendre puisque la sortie simultanée des trois premiers nous a permis de patienter et qu’il est annoncé pour le 17 février. Un roman où il sera très justement question de temps puisqu’il a pour titre
L’Horloge nucléaire.

Vous pouvez retrouver la chronologie des romans, leur place dans la série, leurs dates de sortie, et bien d'autres choses encore sur le blog des Editions Milady.

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