jeudi 1 mars 2012

Questions à Yamen Manai, Rencontre Ecrire et éditer au Maghreb


Le 13 février se tenait à Lille une rencontre exceptionnelle dans le cadre de l'opération Deux éditeurs du Maghreb se livrent organisée par Libfly. Olivier Walbecq, son directeur, Christine Marcandier pour Médiapart, Elisabeth Daldoul pour Elyzad, Sofiane Hadjadj et Marie Desmeures pour Barzakh-Actes Sud ainsi que deux auteurs de ces maisons étaient présents : Kaouther Adimi pour la première, Yamen Manaï pour les secondes.

J'avais eu le mois dernier le plaisir de participer à l'opération et de vous présenter Cinq fragments du désert de Rachid Boudjedra, puis Tsuru de Marie-Christine Sato et enfin La Marche de l'incertitude de Yamen Manai. Ayant une question pour celui-ci, mais n'ayant pu assister à la rencontre qu'en différé via, la demande lui a néanmoins été transmise par Libfly, que je remercie, ainsi que l'auteur qui m'a fait l'honneur et le plaisir d’y répondre.

Yamen Manai bonjour et merci à vous ainsi qu’aux éditions Elyzad et à Libfly de m’avoir permis de découvrir ce très beau livre intitulé La marche de l’incertitude. Je n’ai pas eu encore l’occasion de lire La sérénade d’Ibrahim Santos mais il me semble que, dans l’un comme dans l’autre, les technologies de l’information sur lesquelles vous travaillez par ailleurs apparaissent soit comme inutile, soit comme une entrave à une relation authentique entre vos personnages. Eprouvez-vous une certaine forme de nostalgie, quel usage personnel faites-vous de ces technologies au quotidien et, enfin, comment voyez-vous l’avenir dans ce domaine ?
Une des questions que pose le roman est l'utilité du savoir. Dans la sérénade, la technologie est au service de la dictature... On peut très bien imaginer les dérives que ça peut engendrer. On peut facilement faire un saut dans l'histoire et voir que les travaux sur la physique quantique a généré la bombe atomique qui a rasé deux villes japonaises où il n'y avait pas que les kamikazes de Pearl Harbor.

Dans
La marche de l'incertitude, la recherche scientifique vient réconcilier des mondes injoignables et génère des trouvailles qui ont du sens. D'une façon générale, le progrès scientifique, comme tout savoir, est une lame à double tranchant. S'il n'est pas conjugué avec la morale et l'éthique, les dérives en seront rapidement visibles.


Et pour la petite anecdote, j'étais en permanence sur facebook au moment de la révolution tunisienne. Mais cet outil qui a tant fédéré à un moment, sert aujourd'hui pour diviser (diviser pour régner bien entendu !). La technologie restera toujours une monture, et nous sommes les seuls responsables de la direction qu'elle emprunte.

C'est là le sens de ma critique.



D'autres échanges ont eu lieu en amont de l'évènement ainsi qu'une interview des éditeurs dans les studios de radio campus Lille, que vous pouvez retrouver sur le site de Libfly où, en aval, sont également et librement disponibles :




Notez également que Libfly sera présent au Salon du Livre de Paris du 16 au 19 mars en compagnie des éditeurs du Nord-Pas de Calais sur le stand U23, n’hésitez pas à découvrir en direct cette bibliothèque numérique et ô combien sympathique !
Quant à moi je vous retrouve très prochainement dans le cadre de l'opération consacrée cette fois aux éditions Allia.
Crédit photos et vidéo : Libfly.com

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