mardi 13 mars 2012

L’horloge nucléaire, Oli Smith



« L’impossible s’est déjà produit »
c’est entendu, mais serait-ce dans le passé ou bien dans le futur ? Si la question paraît saugrenue, elle se pose très sérieusement au Docteur pour qui les choses ne vont pas toujours dans le bon sens et qui se demande si, à force de se jouer du temps, celui-ci n'en viendrait pas à se jouer de lui.
Voyageant à rebours, percevant les conséquences avant leurs causes, notre Seigneur du Temps va tenter de sauver le monde et ses compagnons qui, livrés à eux-mêmes dans une ville dont les habitants paraissent trop polis pour être honnêtes, vont révéler, et réveiller, l'existence de robots tueurs qui s’ignoraient jusqu’alors.

Après les trois premiers volumes de la série (Apollo 23 puis La nuit des humains et enfin L’armée oubliée) il n’aura pas fallu attendre longtemps ce quatrième tome des aventures du Docteur publiées en français par Milady - que je remercie vivement pour ce partenariat qui se poursuit - et retrouver avec un plaisir non dissimulé le Docteur accompagné non seulement d’Amy mais enfin du compagnon de celle-ci, Rory,
Avec ce regard juste et critique que permettent la distance et la connaissance des faits, Oli Smith signe un récit dont le déroulement et les détours, en aval, en amont et à rebours, nécessitent un double effort - de construction de la part de l’auteur, et d’attention pour le lecteur – mais offre par cet effet une dimension supplémentaire, alternative, à cette histoire sur fond de guerre froide et d’essais nucléaires. Un roman donc où rien n’est laissé au hasard, où même ce qui paraît d’abord purement formel, comme les dates et heures en tête de chapitre, est là pour servir de repère.

Une ambiance bien sentie, un scénario complexe, des réflexions de fond et de l'action, bref un univers complet et cohérent qui conjugue tout à la fois l’atmosphère de l’époque et celle de la série, avec notamment cette injonction (« Ne courez pas. Ne courez jamais ») qui prend à contre-pied celle du Docteur (« Courez ! ») mais renvoie également à celles de l'épisode Blink, un classique, de même que le principe des conversations rétroactives ou encore des boucles temporelles, sur lesquelles portait d'ailleurs le premier livre dérivé qu'il m'ait été donné de lire et dont la parution remonte à 1989.
Et si, une fois n’est pas coutume, les personnages du Docteur et d’Amy sont, comme dans les précédents volumes, de nouveau séparés, il faut toutefois reconnaître à Oli Smith le mérite supplémentaire de les relier à leurs microsomes respectifs au lieu d'insister sur leur relation exclusive. Cela lui permet de développer d'autres personnages, Geoff, Albert et Isley, emblématiques de l’époque et de leurs fonctions, complices et antagonistes à la fois, suffisamment aboutis pour envisager de les retrouver dans d'autres aventures, voire dans un spin-off de la série.

Ajoutons à cela de solides références aux univers des productions de genre de l’époque, du fantastique à la SF en passant par le manga, de Blade Runner à Terminator en passant par Retour vers le futur, Cobra ou Albator et nous obtenons un
excellent volume dont le choix, tout à la charge et à l’honneur de Milady parmi le large éventail des parutions originales de la BBC, semble guidé tant par la diversité que par la qualité.

Le prochain et cinquième roman, prévu pour le 23 mars, sera d'un tout autre genre et s'annonce d'ores et déjà fort réjouissant et riche en rebondissements. Il s'intitule : La chasse aux mirages.D'ici là vous pouvez retrouver ces articles sur les romans Docteurs Who ainsi que sur la série, sur ce blog bien entendu, mais aussi sur les excellents sites de référence que sont Le Galion des EToiles et Unification France qui me font désormais l'honneur de les relayer et que je tiens à remercier, de même que les éditions Milady sans qui cette aventure ne pourrait être possible et sur Le blog desquelles v
ous pouvez retrouver la chronologie des romans, leur place dans la série, leurs dates de sortie, et bien d'autres choses également.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire