jeudi 7 juin 2012

À travers bois, Una McCormack


« Ne vous écartez pas du droit chemin » : néanmoins, parce que l’aventure n’est pas au bout, mais bien au détour de celui-ci, voici une injonction que ni le Seigneur du Temps ni ses acolytes ne suivront dans ce récit qui tient à la fois du conte et du fait divers.

Un soir d’automne, le journal de 22h, la fermeture d’une auberge. Deux  jeunes filles sont portées disparues, l’une 
pendant la Grande Guerre en compagnie de Rory , l'autre de nos jours, recherchée par Amy et par un Docteur en garde à vue. Près d’un siècle d’intervalle et cependant toujours la même histoire, la nuit qui guette, la peur de ce qui erre à travers bois, peut-être à la recherche d’une nouvelle proie.


L’auberge du Prince-Renard devenu pub, de la forêt que les hommes et leurs chemins évitent scrupuleusement, des gens qui disparaissent tous les cinquante ans : il n’en faut pas plus pour que deux journalistes, Jess et Charlie, l’un vedette, l’autre en passe de l’être, s’emparent de ces affaires aussi mystérieuses que prometteuses, que l’on devine liées et que l’on suit au gré de récits qui alternent entre le présent et le passé en attendant de les voir se rejoindre.

Le fantastique n’est pas loin, et le Docteur non plus. L’inspecteur Gordon Galoway en convient d’ailleurs aisément, qui le détient comme suspect. Et c’est peu dire que ses propos ne contribuent pas à l’innocenter. Sans parler de ses compagnons, plus « docteurisés » que jamais et pour qui « effrayant » est devenu synonyme de « merveilleux » au point de paraître aux yeux des étrangers bien plus inquiétants encore que leur mentor même si, à en croire Amy, « la seule personne que Rory aurait pu effrayer c’était lui-même ».   

Pour autant il y a une raison à ces mises en garde formulées ou non, un savoir ancien, oublié, au sujet d’une créature. Aussi, et ce n’est pas faute de le répéter, « Se séparer est toujours une très mauvaise idée, la contredit la jeune Écossaise. Vous ne regardez jamais de séries télé ? » déclare Amy aux nouveaux venus. Et cependant, nos trois amis se retrouvent une nouvelle fois séparés. Et une fois encore victimes de la désorientation, es lieux, le temps et la mémoire leurs jouent des tours, où les chemins mêmes doivent emprunter des détours pour éviter de voir la vérité en face.

Après Le Dragon du Roi que nous avons pu découvrir la dernière fois, Una McCormack signe ici un second roman à l’atmosphère convaincante, quoique très différente, au récit bien amené autant que bien mené et au vocabulaire par moment étonnamment précieux (entre nature « vulpine » et lumière « diaprée »). Et si à mi-chemin l’intrigue tourne parfois un peu en rond, l’ensemble constitue un jeu de piste intéressant, qui comporte sa part d’énigmes, de casse-têtes, de théories astucieuses sur les voyages dans l’espace et le temps, d’ingénieuses trouvailles comme celles de ces photos prises dans l’antiquité, des références à H.G. Wells mais aussi et surtout aux contes de fées, défaits par et pour nos héros, une fois n'est pas coutume, le temps d'une aventure en compagnie du Docteur.

La Lune du Chasseur, prochain et septième roman dérivé de la série traduit en français s’inscrira malgré son titre dans un registre très différent. Sa sortie est prévue pour le 22 juin. En attendant vous pouvez retrouver ces articles concernant les romans, mais aussi la série dans la rubrique dédiée de ce blog mais aussi sur les excellents sites de référence que sont Le Galion des EToiles et Unification France qui me font depuis quelques mois déjà le plaisir et l’honneur de les relayer  et  que je tiens à remercier, de même que les éditions Milady sans lesquelles ces aventures n’auraient pas lieu d’être, et sur Le blog desquelles vous pouvez retrouver toutes les infos et sorties et bien d'autres choses, évidemment.        

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