mercredi 19 décembre 2012

Le Prince, Machiavel, nouvelle traduction augmentée


J’ai le plaisir et l’honneur de vous présenter aujourd’hui Le Prince de Nicolas de Machiavel, un ouvrage de fonds en sciences humaines que j’avais déjà eu l’occasion, et que je continue, de mettre en avant à la librairie, jusqu’ici chez Pocket et dorénavant dans cette toute dernière (et désormais meilleure) traduction parue le 25 octobre dernier aux éditions du Nouveau Monde dont la devise est de contribuer  à « comprendre le monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain ».
Ce volume, conçu par des érudits, accessible, passionnant, superbement illustré, constitue une grande réussite et vous propose une plongée dans l’univers de l’auteur, des principautés, et de la Renaissance. 


Le propos est accompagné d'un fonds iconographique choisi par Antonella Fenech Kroke, historienne de l’art dont les travaux portent sur « l’efficacité politique des productions artistiques » - des œuvres de maîtres comme Michel-Ange, Léonard de Vinci ou encore Giorgio Vasari qui reflètent la richesse mais aussi la violente et farouche ingéniosité de l’époque dans tous les domaines - et précédé d’une longue introduction qui retrace l’élaboration, la réception, les traductions du chef-d’œuvre de Machiavel.

Autodidacte, fils d’un petit notable passionné par les lettres, puisant son instruction chez les auteurs romains plutôt que chez les grecs, Nicolas Machiavel entre en politique après la chute des Médicis. Messager des grands il apprend alors auprès d’eux « l’art de l’Etat »

Fort de ce savoir et de cette expérience Machiavel rédige son ouvrage dans l’urgence, en 1513 - après avoir subi la prison, la torture, et échappé à l’exécution suite au retour des Médicis - dans l'espoir d’un souverain qui par sa virtù saura triompher de la fortune et restaurer la grandeur de l’Italie mais surtout les valeurs de la République, ce qui explique que Le Prince s’intitulait initialement De principatibus, et portait sur le maintient des Etats plutôt que sur la figure du chef comme l’on tendrait trop aisément à le présupposer. 

Une œuvre et un auteur qui par conséquent ne peuvent être que mal lus sous l’angle de la morale, et justifier toutes les extrémités en l’absence de celle-ci, à l’instar du Par-delà bien et mal de Nietzsche qui cité très justement en exergue et évoquant Machiavel, partage avec lui ce contraste : « une pensée soutenue, difficile, dure, dangereuse et un rythme galopant, d’une bonne humeur endiablée ». A ce titre la présente traduction, brillante et inédite, œuvre de Jacqueline Risset qui s’était déjà penché sur La Divine Comédie de Dante, restitue à merveille la langue de l’auteur, son rythme et sa fulgurance.

 Surtout elle réintroduit le terme de principat – présente sous le terme de principauté dans la traduction de Paul Veyne chez Folio et de monarchie dans celles de Christian Bec chez Pocket et d’Yves Lévy chez Gallimard – et la notion de virtù, absente de toutes. Aux vingt-six parties originellement choisies par Machiavel, cette édition ajoute des entrées, au nombre de douze, qui balisent, introduisent, éclairent celles-ci, parmi lesquelles Typologie des EtatsVertus princières ou encore Bons et mauvais conseillers.

 Au reste le contenu demeure le même, qui traite des moyens sans jamais en faire une fin, de la force comme pis aller, de la valeur du prince et de l’amour qu’il doit inspirer, de ce qu’il faudrait dans l’absolu et de ce que l’on doit bien souvent en réalité. Ainsi n’est-il « ni le bréviaire de la tyrannie, ni le manifeste crypté des républicains » mais s’adresse-t-il simplement au souverain éclairé, soucieux du bien commun et conscient de sa responsabilité mais, de ce fait, capable de faire montre de virtuosité plutôt que de vertu, quitte à sacrifier cette dernière en cas de nécessité. 

Une leçon magistrale qui, 500 ans après sa rédaction, continue d’éclairer l’actualité et d’inspirer les puissants comme leurs adversaires, ou du moins le devrait. Ainsi des mercenaires dont il faut se garder, faute de les voir se livrer à maintes exactions (les Balkans et l'Afghanistan l'ont prouvés récemment). Un livre qui pose également la question de la reproduction, de la diffusion et de la postérité des œuvres culturelles puisqu’il fut mis à  l’Index dès 1559 par l’Inquisition et ne survécu que grâce à la copie et au marché noir. 

En somme un livre indispensable, tout simplement, à (re)découvrir et à offrir sans modération à l’occasion des fêtes et pour bien commencer l'année.

Pour célébrer cet évènement, 
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Une offre originale et conviviale valable uniquement à la librairie Virgin des Champs Elysées !    

Parce qu’à Virgin on peut mettre en avant des ouvrages de fonds sans se prendre trop au sérieux pour autant, et que je vous ai apporté des biscuits. Puis les biscuits c’est tellement bon, bien que les livres soient plus présentables, surtout quand il s’agit d’une nouvelle et brillante traduction comme celle-ci. Et pour que ça puisse durer vous pouvez aussi signer la pétition ici : http://www.change.org/SauvonsVirgin

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