vendredi 1 février 2013

Surfin’ Dead Cats+ EPK+The Rebels of Forest en concert

Dans la nuit de l’hiver galope un grand homme blanc, puis deux, puis trois, puis tout un tas. Ils arrivent à grandes enjambées, à cause du froid et de la nuit tombée, et puis certains parce qu’ils sont en retard, tout comme moi. Voyant de la lumière les voilà rassurés. Au Gambetta ils entrent sans frapper. Et pour se réchauffer se congratulent et commandent une pinte en attendant le concert. Autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas du Prévert : la neige est tombée, les prés en sont recouverts, les verres à moitié vides et les buveurs à moitié pleins, la salle comble et le public au comble également. Bref, ce n’est pas une chanson pour les enfants l’hiver : ce sont les Surfin’ Dead Cats en concert.

Et pour les accueillir des camarades libraires et amateurs de musique de tous les horizons, la plupart virginiens d’origine car - au moment où Virgin sent le sapin, où William Butler, son principal actionnaire, mériterait à tout le moins de se faire enguirlander comme il faut par des libraires et disquaires qui ont raison d’avoir les boules - ces derniers ont tombé les gilets rouges pour se gorger de blanche, de brune, de blonde, et de bon son, et se sont déplacés en nombre en ce soir du 18 janvier pour voir et écouter les Surfin’ Dead Cats, Electric Press Kit et The Rebels of Forest qui jouent au Gambetta, en attendant le concert de soutien qui devrait avoir lieu à la fin du mois de février au Virgin des Champs Elysées.  

Quel point commun entre le livre, le son et le houblon ? me direz-vous. C’est une question de volume, et de goût. Et de volume le Révérend n’en manque pas : chanteur guitariste des Surfin’ Dead Cats il fonce droit devant, tête baissée, donnant de la voix sans s'arrêter, à la manière d’une grosse cylindrée poursuivie par les cops et qui roulerait des mécaniques pour pas montrer ce qu’elle a dans le coffre. Alors si certains préféreront peut-être à son chant ses solos impressionnants, il faut lui reconnaître une présence quasi cathodique, digne d’un film noir, costard et gomina aidant, assorti d’un entrain contagieux, sans parler d'un humour pas très catholique, un peu potache, un peu graveleux, encouragé par son public. Derrière lui, Alex le grand, dit Buckle, son opposé, bassiste dégingandé, discret mais efficace, à l’instar de Tristan, dit le Judge, batteur sympathique avec qui j’aurais l’occasion de débattre au cours de la soirée, et de Franz No, dit Ti Pinque, guitariste vrombissant mais aussi dessinateur, libraire et camarade que j’avais eu le plaisir de vous présenter lors du dernier Blog Day. Tout ce petit monde s’entend à merveille et nous fait partager le son et l’énergie qui en résultent. Autant dire que ça percute.     

Chose rare c’est donc la première partie du concert qui réunira le plus de monde si bien que la tête d’affiche, Electric Press Kit – EPK pour les intimes ou les nostalgiques des acronymes à la Cox (Clan of Xymox) et autre DAF (Deutsch Amerikanische Freundschaft) – verra la salle emplie des supporters des SDC (Surfin’ Dead Cats) se vider littéralement (ou littérairement, c’est selon), laissant la place à une ambiance plus appropriée. Une performance post-punk donc, mais cold wave dans ses influences, entre un Joy Division ou un Killing Joke affichés et un Sisters of Mercy nourri de boîtes à rythme et de riffs lancinants. Rien de nouveau sous les étoiles mais rien que du bon et une maîtrise évidente après une trentaine de dates, et non des moindres, ainsi qu'un second album intitulé « Torsion ».

Présenté trop humblement comme un groupe de rock alternatif, « with broken limits » cependant, The Rebels of Forest apparaît – un peu tardivement peut-être à quelques âmes errant encore - comme un trio surprenant qui, grâce à un jeu et à une voix énergiques entre cri et mélodie, rage et mélancolie, évoque davantage le son de la scène japonaise indé que celle des garages de l’hexagone. Une formation si ce n’est d’avant-garde du moins dans l’air du temps qui nous invite à explorer d’autres espaces et vient de sortir un EP intitulé « The Great Illusion ».


Après quoi, comme pour répondre à cette invitation, ragaillardis par la chaleur et l’énergie de ce concert, la tête emplie de son, s’en vont rejoindre des afters ou regagner leurs pénates via les souterrains, les grands et les moins grands bonhommes et femmes, plus blancs que jamais après quelques batailles de boules de neige - pardon à Ti Pinque dont j’ai dégommé le chapeau - dans la nuit de l’hiver avant que le manteau de celle-ci ne disparaisse, ne laissant que de l’eau. Et d'un coup disparaissent aussi en tirant leur chapeau, mais pas leur révérence, loin s’en faut.

D'ailleurs vous pouvez retrouver tout ce petit monde par ici :

-The Surfin’ Dead Cat sur leur page facebook et en concert très prochainement !
-EPK sur leur site ainsi que sur leur page facebook.
-The Rebels of Forest sur leur site, ainsi que sur leur page facebook
et en concert au Cavern (Paris 06) le 1er février prochain. 
-Et soutenir les libraires, disquaires et autres passionnés de culture en signant la pétition ici. 

Mise à jour du 28 février : retrouvez les Surfin'Dead Cats lors de leur prochain concert, le mercredi 3 avril au Cavern, Paris 6ème ;) 



Crédit photo et vidéo © Surfin'Dead Cats / EPK / Rebels of Forest

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