dimanche 21 septembre 2014

Ma rentrée littéraire au lance-pierres


De retour des Indes où nous avons séjourné durant quatre semaines, et consultant les sorties et l'actualité littéraire du mois écoulé, j'ai eu le désir d'écrire (pour inaugurer ma nouvelle rubrique rétrospective présentant mes coups de cœurs et (dé)conseils de lectures du moment) une chronique qui aurait pour titre quelque chose comme « Ma rentrée littéraire sans Trierweiler » ou « L'a-rentrée littéraire ». 


Mais que lire, et surtout que retenir, parmi les 607 ouvrages de cette rentrée littéraire que l'on dit éclipsée? Très vite, en feuilletant les critiques et ouvrages de cette année, la question s'est changée (comme au temps où je préférais par facilité me réfugier derrière les ouvrages libres de droit et de promotion) en : que faut-il ne pas lire cette année ? 

J'ai ainsi laissé tombé Oona et Salinger de Frédéric Beigbeder que je pensais vouloir s'essayer sérieusement à la littérature depuis un
Roman Français et du fait de son amour pour l'auteur. Malheureusement, malgré quelques belles et sincères envolées dont il a le secret, l'easy writer potache semble avoir une fois de plus cédé à la facilité. Oublié aussi L'Oubli de Frederika Amalia Finkelstein, 23 ans se plaît-on à rappeler, malgré une véritable volonté de réflexion et de construction, deux caractéristiques qui lui valent respectivement l'intérêt du Flore et du Renaudot mais ne survivent malheureusement pas aux poncifs et âneries qui en résultent. Fui, enfin, Aurélien Bellanger qui, après La théorie de l'information, commet avec de nouveau quinze ans de retard L'aménagement du territoire un second roman houellebecquien. Comme s'il s'agissait pour lui d'être Houellebecq sinon rien, comme si cela ne revenait pas au même, comme-ci celui-ci n'était pas seulement le symptôme d'une époque mais sa maladie. Des autres, des pires encore, comme de L'autoroute de Luc Lang, je préfère ne rien dire de plus. Alors ?

Alors, toutefois, avec un peu de persévérance, un passage dans plusieurs librairies, quelques survols, plusieurs plongées et passage au tamis, je suis parvenu à remonter avec quelques joyaux que j'ai la joie de vous proposer aujourd'hui. D'abord Le Royaume, d'Emmanuel Carrère, publié chez P.O.L, dans lequel je suis tombé depuis et qui, plébiscité par les lecteurs et la presse mais boudé par les prix, se révèle être un long, personnel, prenant, juste et complet chemin initiatique que je vous recommande très vivement. Ensuite Tristesse de la terre d'Eric Vuillard dans la jolie collection « un endroit où aller » d'Actes sud. Un ouvrage tout à la fois simple, efficace, intelligent, analytique, agréable et poétique en lice pour le Goncourt, le Femina et le prix du Style. Puis l'excellent Excelsior d'Olivier Py, à qui je souhaite de remporter ce même prix pour lequel il est nominé et qui serait amplement mérité. Sans oublier évidemment Le Complexe d'Eden Bellwether de Benjamin Wood, roman saisissant, envoûtant, savamment construit, qui rappelle Le Maître des Illusions de Donna Tartt et qui, remarqué par la Fnac grâce à la judicieuse mise en avant des éditions Zulma par l'enseigne, a pu être remarqué et remporter le prix décernée par celle-ci.

Et puisqu'on parle de prix, l'autre versant de la rentrée littéraire qui seront remis pour l'essentiel début novembre, je vous invite dans la foulée à faire un tour du côté de celle-ci. Du côté de Goncourt l'on retrouve le timoré mais honnête Constellation d'Adrien Bosc, que j'ai déjà eu le plaisir de vous présenter ici précédemment, qui a déjà reçu le prix de la Vocation et qui est également en lice pour et le Flore et le Renaudot. Goncourt et Renaudot toujours, peut-être l'intriguant Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud, pour les questions qu'il pose dans la forme et le fond et, pour ce qui est du Renaudot tout court, Jean-Claude Perrier, Comme des barbares en Inde, pour le sujet, évidemment.

Voilà pour ce que j'appellerais finalement ma rentrée au lance-pierres. Après quoi je ne saurais que vous inviter à vous faire votre propre idée en suivant, non seulement les ouvrages mis en avant par les chroniques et médias prescripteurs, mais aussi en consultant les sites et catalogues des éditeurs et, bien entendu les ouvrages et conseils proposés par votre libraire. Quand à moi je vous retrouve très prochainement avec l'autre rentrée, celle de la Voie des Indés.

Illustration : Librairie Sona's Old Bookshop, Varanasi, Inde Crédit photo © Eric Darsan 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire